Accueil Chroniques métropolitaines Permettre le retrait du marché de petits logements est un très mauvais calcul

Permettre le retrait du marché de petits logements est un très mauvais calcul

Les élu.e.s écologistes ont souhaité que le règlement fixant les conditions de changement d'usage des locaux d'habitation soit plus contraignant. Ils ont déposé des amendements en ce sens, qui ont été rejetés.

Michel Ifri est intervenu au nom du groupe :

"J’interviens sur le règlement relatif à la Ville de Lille fixant les conditions du changement d’usage des locaux destinés à l’habitation. Ce n’est pour autant pas un sujet lillo-lillois puisque le logement relève bien de la compétence de la MEL.

Il nous est demandé d’adopter un règlement fixant les conditions du changement d’usage des locaux destinés à l’habitation, règlement concernant la Ville de Lille. La version initiale de ce règlement met essentiellement l’accent sur les logements familiaux, dont le changement d’usage doit être compensé en raison de la pénurie de ce type de logement.

Or, la Ville de Lille manque aussi de petits logements. Les évolutions démographiques et sociologiques, en particulier le vieillissement de la population et la fragmentation des cellules familiales, et la dimension étudiante de la Ville de Lille ont accru ce besoin en petits logements. En 2015, les chiffres de l’INSEE montraient que 53,2 % des ménages lillois étaient composés d’une seule personne. Retirer des petits logements du marché est donc un très mauvais calcul.

C’est pourquoi, nous avons souhaité que la nécessité de compenser un logement changeant d’usage par la mise sur le marché d’un logement équivalent concerne aussi les petits logements.

Rappelons aussi que le changement d’usage de logements, par exemple vers des meublés de tourisme, ne concerne que la partie émergée de l’iceberg. En effet, le plafond actuel de location d’un logement sur une plateforme telle qu’Airbnb est fixé à 120 nuitées. Ce plafond est trop haut pour dissuader des propriétaires de louer ponctuellement un logement sur le marché du tourisme et de le retirer du marché de la location d’habitation. Il suffit de vérifier les prix pratiqués à Lille sur la plateforme Airbnb pour constater qu’il peut être plus intéressant financièrement de louer 120 jours par an que toute l’année à une personne vivant et travaillant sur notre territoire. Même si l’ampleur exact du phénomène et de ses effets restent à préciser, les Lillois·e·s ne peuvent se permettre d’attendre compte tenu de la tension déjà existante sur le marché de la location immobilière.

Nous profitons donc de cette délibération pour vous demander, Monsieur le Président, d’ajouter votre voix et celle de notre Métropole à celle de la Maire de Paris pour interpeller le gouvernement et le législateur, afin que le plafond du nombre de jours de location soit abaissé à 90, voire à 60."

Conseil métropolitain du 19 octobre 2018