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Pour un budget climatique !

Dans le cadre du Rapport d'orientations budgétaires pour l'exercice 2019, les élu.e.s EELV ont appelé à l'élaboration d'un budget de transition écologique s'inscrivant pleinement dans la lutte contre les changements climatiques.

Jérémie Crépel s'est exprimé au nom du groupe :

"Le débat d’orientation budgétaire est l’occasion d’évoquer les priorités de la Métropole européenne de Lille. Justement, il y a une heure, nous accueillions sur le parvis de la MEL une délégation citoyenne venue nous présenter le rapport du GIEC et nous demander de nous engager pour le climat, non pas à la marge, mais massivement et entièrement.

Vous le savez, nous avons deux ans pour changer radicalement nos modes de faire afin d’éviter un réchauffement supérieur à 1,5°C, dont les conséquences seraient très négatives pour notre région. Il y a urgence. Chers collègues, adoptons dès 2019 un budget climatique, dans lequel chaque euro dépensé contribue à limiter le dérèglement climatique et à nous y adapter.

Un budget climatique avec des orientations fortes, des investissements massifs, des projets réexaminés à la loupe des enjeux de la transition écologique et de la crise climatique. Je sais, nous savons, que notre collègue Alain Bernard est fortement sensible à ces questions. Il a été, et il sera encore probablement dans les mois qui viennent, le Vice-président le plus assidu au comité de pilotage de révision du futur Plan Climat.

Un budget climatique qui investit très fortement dans les infrastructures de transport en commun avec la baisse de la dette et un bon niveau d’épargne. En plus d’une obligation morale, d’une responsabilité pour nos habitants, investir dans la transition écologique est une opportunité de développement. Il ne faudrait pas que la contractualisation que nous avons dénoncée nous en empêche.

Un budget climatique qui soit une grille de lecture, un outil d’aide à la décision, qui dès 2019 nous garantira une décision éclairée pour chacune de nos délibérations : oui, ou non, cette délibération est-elle à la hauteur de l’enjeu ? A-t-elle des impacts négatifs ? Peut-on les éviter en ajustant le projet, ou faut-il l’abandonner ?

Un budget climatique dans lequel nous explorons toutes les pistes : Fonds d’arbitrage carbone, obligations vertes, analyse des offres de chacun de nos fournisseurs, de nos assureurs, achats 100% écologiquement et socialement responsables, valorisation des CEE et fléchage des sommes récoltées dans des actions de transition.

Un budget climatique qui guide les autres politiques : comment nos fonds de concours montent-ils en gamme pour accompagner les 90 communes de la MEL dans leur transition énergétique ? Comment nos aides économiques peuvent-elles se focaliser sur les activités contribuant à la transition écologique ? Comment l’aménagement du territoire intègre-t-il à la fois les enjeux de performances énergétiques, de nature en ville, de circulations douces ?

Votre engagement, Monsieur le Président, suite à la proposition déposée par le groupe EELV, de mettre en œuvre le forfait mobilité durable pour les agents de la MEL avec l’adoption d’une délibération lors du prochain Conseil métropolitain va d’ailleurs dans le bon sens.

Et enfin, comment faisons-nous en sorte collectivement d’engager résolument cette transition dans les deux années de mandat qui nous restent ? Comment chaque Vice-président et chaque Vice-présidente de la MEL s’assure-t-il que ses politiques publiques contribuent efficacement et de manière ambitieuse au futur Plan Climat et à notre engagement collectif pour le climat ?

Chers collègues, les écologistes ont souvent été considérés comme des cassandres, mais les prévisions du GIEC se réalisent aujourd’hui sous nos yeux. Dans cette assemblée même, on nous a traités de malthusiens et d’esprits étriqués lorsque nous vous demandions un moratoire sur le projet Saint-Sauveur. La justice a réalisé ce moratoire. Pour le SCoT, nos amendements sur les champs captants n’avaient pas été pris en compte et c’est l’État qui nous y contraint aujourd’hui.

Alors n’attendons pas, chers collègues, que les citoyen·ne·s nous interpellent demain sur ce que nous avons fait aujourd’hui. Il est temps, Monsieur le Président, de mettre en action l’écologie politique concrète et pragmatique que vous appelez de vos vœux à travers l’élaboration du budget 2019.

Je voudrais conclure en citant Valérie Masson Delmotte, co-présidente du GIEC, lors de son audition au Sénat (le 10/10/18) : « Chaque demi degré compte. Chaque année compte. Chaque décision compte. Ne pas agir aujourd’hui, c’est augmenter le fardeau des jeunes générations qui devront faire face à un réchauffement plus intense, et prendre des actions plus difficiles et plus risquées pour agir contre le réchauffement. Limiter le réchauffement climatique n’est pas impossible, mais la responsabilité politique est essentielle. »"

 

Conseil métropolitain du 19 octobre 2018