Accueil Chroniques métropolitaines Un territoire où il fait bon vivre n’a pas besoin d’une agence de pub

Un territoire où il fait bon vivre n’a pas besoin d’une agence de pub

Le Conseil métropolitain a acté la création d'une Agence de l'attractivité de la MEL.

Stéphane Baly a présenté la position du groupe :

"Monsieur le Président, chers collègues,

Et voilà qu’est créée l’Agence d’attractivité annoncée au mois de juin dernier. Et voilà aussi que se confirment et se renforcent les inquiétudes que notre groupe avait alors exprimées.

Cette Agence d’attractivité aura bien pour missions d’attirer des investisseurs extérieurs et non de retenir les métropolitain·e·s, de séduire de nouvelles entreprises et non d’identifier les façons d’améliorer la vie quotidienne des personnes qui participent déjà à la vie économique métropolitaine, d’appâter de nouveaux talents et non d’aider ceux qui se trouvent déjà sur notre territoire à s’épanouir, de contribuer indirectement à la frénésie de construction de bureaux sur notre territoire et non de valoriser nos espaces verts et agricoles.

Nul doute que, comme vous l’avez rappelé Monsieur le Conseiller délégué, le contexte actuel est très concurrentiel. Mais quel est l’objectif de la MEL au juste ? Améliorer sa place dans des classements dont la méthodologie est plus que critiquable ? Alimenter une compétition qui fait nécessairement des perdants, y compris sur notre territoire national ? Comme d’autres sujets, celui de l’attractivité est présentée comme allant de soi, alors qu’il est profondément politique.

Notre groupe est convaincu qu’un territoire dans lequel il fait bon vivre, dans lequel les gens peuvent respirer un air de qualité, s’approvisionner en aliments sains en circuit-court, se déplacer en modes doux ou actifs, trouver un emploi correspondant à leurs aspirations et à leurs compétences, avoir accès facilement et en peu de temps à des espaces de nature et s’y balader sans prendre un plomb de chasse ; un tel territoire n’a pas besoin d’une agence de pub au budget de 2 millions d’euros dès la première année. D’autant que l’attractivité relève déjà des missions d’autres structures comme l’ADULM.

Pour toutes ces raisons et parce que notre groupe préférerait que la MEL resserre son champ d’action et donc ses dépenses dans des domaines ayant un réel impact sur le quotidien des métropolitain·e·s, les transports collectifs par exemple, nous voterons contre cette délibération."

 

Conseil métropolitain du 14 décembre 2018