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La MEL a sa politique de santé environnementale !

Christiane Bouchart, Vice-présidente au Développement durable et au Plan Climat, a présenté sa délibération cadre santé environnementale, pour une métropole à santé positive.

Pour une métropole à santé positive : naissance d’une nouvelle politique

"Mesdames, Messieurs, chers collègues.

Ce n’est pas tous les jours que nous donnons naissance à de nouvelles politiques, c’est un coup d’avance par rapport à la future politique nationale. ce n’est pas tous les jours non plus que notre Métropole a l’opportunité de s’adresser aussi directement aux habitants.

C’est ce que je vous propose de faire aujourd’hui, en entérinant la toute première délibération faisant de la santé environnementale un enjeu central de notre territoire, la toute première délibération qui nous donnera du pouvoir d’agir sur cet enjeu clé, sur des facteurs de mortalité précoce et de dégradation de l’état de santé des métropolitains.

Cet enjeu n’est pas, ou n’est plus un secret pour vous : ce sont 1 689 morts prématurées par an, d’après Santé Publique France, organisme rattaché au Ministère de la Santé, soit un coût indirect de 5 milliards d’euros par an pour notre territoire, ou encore les 200 000 habitants et habitantes de la MEL vivant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, qui sont ainsi les plus exposés aux nuisances environnementales, et donc à un doublement des inégalités : sociales, et environnementales.

C’est grâce aux nombreuses interpellations des habitants, des Maires, que nous avons pu avancer sur ces sujets et que nous nous apprêtons à poser cette première pierre d’une politique publique qui se structure, qui se structure enfin car nous ne pouvons ignorer l’urgence.

Mais c’est aussi un effet positif des nouvelles compétences que nous avons adoptées en 2015, en matière de lutte contre les nuisances sonores et pour la qualité de l’air.

Je remercie d’ailleurs le Président qui avait inscrit cette perspective d’une politique métropolitaine pour la santé environnementale dans sa communication cadre de décembre 2014. Comme quoi, il peut arriver que le redécoupage constant du millefeuille des compétences puisse donner un élan positif, et contribuer à la construction de l’intérêt général dans un territoire.

 

L’urgence sanitaire doit avoir son plan d’action

Pour traiter efficacement ces situations d’urgence sanitaire, il nous faut les objectiver.

Cette délibération a deux objectifs :

  • donner de la cohérence, en appréhendant les nuisances et pollutions de manière globale, et non pas de manière séparée, pour ne pas superposer les procédures
  • Mieux répondre aux enjeux de santé publique, par des démarches de prévention, qui, au travers de notre rôle d’aménageur, évite l’exposition à ces nuisances.

Il y a une attente forte des citoyens à ce que nous trouvions des solutions aux nuisances et pollutions subies. Nous nous devons d’apporter des réponses à ces riverains, qui nous témoignent, d’odeurs, de bruit, de polluants, qu’il s’agisse d’industries, de carrosseries, de pesticides.

Il y a un risque, même si le droit de l’environnement est encore très mouvant, d’avoir des recours, d’avoir des plaintes individuelles et collectives.

Enfin, il est clair désormais que ces nuisances, ces pollutions, sont un facteur qui égratignent notre attractivité, et l’image de notre cadre de vie. Maîtriser ces phénomènes, agir à la source des pollutions, réduire les sources et les facteurs d’exposition : ce sont là des garanties que nous nous devons d’apporter à notre population, aux familles en particulier.

C’est pourquoi, je vous propose de nous engager collectivement dans cette démarche « métropole à santé positive », pour mettre en cohérence ce que nous faisons déjà, et ainsi le faire mieux, et reconquérir à la fois notre santé et l’attractivité de notre territoire.

 

Réduire l’exposition à la source : une évidence pour une métropole aménageuse

Toutes les compétences de la MEL aujourd’hui sont concernées.

  • En premier lieu en tant qu’aménageur de notre territoire : il est possible d’aménager en limitant, en réduisant, voire en supprimant les facteurs d’exposition : l’exposition en proximité routière, industrielle, en proximité agricole.
  • Mais nous sommes aussi responsable en tant qu’Autorité Organisatrice des Transports et des mobilités, pour réduire les émissions de polluants dans l’air.
  • De même, notre gestion des déchets, l’eau et l’assainissement sont au cœur d’une logique de prévention en matière de santé environnementale.

Nous avons donc besoin de nous doter de moyens, humains, financiers, pour développer de nouveaux savoir faire et nous organiser pour traiter en amont le risque d’exposition, nous devons mettre en place des mesures pour éviter de créer des situations sanitaires qui nous seront reprochées demain. Beaucoup de choses sont à mener au titre de nos politiques existantes, je pense au PDU et aux mobilités douces, je pense à l’habitat ou énergie qui ont beaucoup de responsabilités certes – mais qui ont aussi, surtout, beaucoup de leviers.

D’ailleurs, des financements, il en existe : notamment le fonds air bois de l’ADEME, pour remplacer les appareils de chauffage polluants.

 

Quatre ambitions, pour une approche transversale et intégrée

Pour bâtir une approche transversale et intégrée, nous nous appuyons sur 4 Ambitions :

  • créer et animer une gouvernance partagée pour devenir une institution, voire un territoire exemplaire, avec la création d’un COPIL partenarial
  • renforcer les connaissances à l’échelle métropolitaine, en tissant des partenariats étroits avec les acteurs du territoire au sein d’un observatoire métropolitain – en s’appuyant notamment sur notre schéma métropolitain de l’enseignement et de la recherche.
  • Informer, sensibiliser en associant les métropolitains, en apportant une information fiable : une information pour guider les comportements,
    • par exemple sur l’évitement des activités sportives en cas de pic de pollution – du moins à l’extérieur
    • En accompagnant les communes sur leurs choix d’aménagement, d’implantation des établissements sensibles ou de terrains de sport.

 

Et enfin, une 4ème ambition, probablement l’ambition la plus importante d’entre toutes, celle de développer un cadre de vie favorable à la santé.

Nous allons affiner le plan d’action dans les mois qui viennent. Néanmoins, nous pouvons dire aujourd’hui que des politiques favorables existent.

Parmi ces premières pierres de ce futur plan d’action, qui est appelé à s’étoffer au cours des mois à venir, je voudrais rappeler :

  • la stratégie agricole et alimentaire qui s’engage sur le bio et local, sur la qualité alimentaire et sur la santé, via le Projet Alimentaire Territorial, en sensibilisant les habitants ainsi que les agriculteurs,
  • Ou encore l’accompagnement des communes sur la qualité de l’air intérieur dans les Etablissements Recevant du Public, les ERP accueillant des jeunes enfants, avec l’évaluation de la qualité de l’air intérieur, un partage de pratiques, et en 2019 des groupes de travail pour élaborer des plans d’action.
  • Je voudrais citer aussi le schéma métropolitain des achats responsables, qui indique explicitement la préoccupation collective en matière de perturbateurs endocriniens,
  • Il y a aussi l’autoroute de la chaleur, qui signifie la fin programmée de l’usage du charbon dans la chaufferie du Mont de Terre,
  • Je voudrais évoquer les Etudes d’Impacts Santé, qui ont été ou sont en cours d’expérimentation à Lille,
  • Et enfin  je voudrais évoquer le Plan Marche, dont nous pouvons attendre beaucoup en matière de bénéfices sanitaires.

 

Un temps fort le 10 janvier 2019 pour co-construire le plan d’action

D’autres étapes suivront :

La prochaine, dès le 10 janvier, avec le premier séminaire Santé Environnementale de la Métropole Européenne de Lille, auquel j’ai déjà convié un certain nombre d’entre vous pour introduire les ateliers thématiques. Il s’agira d’une journée pour :

  • mobiliser les acteurs,
  • nous forger une culture commune,
  • identifier les enjeux.

Nous aurons d’ailleurs des députés, sénateurs, élus de différents territoires et autorités scientifiques faisant référence sur ces sujets, qui partageront avec nous leurs connaissances pour « Construire des territoires à santé positive ».

La dernière étape sera l’arrêt du nouveau Plan Climat Air Energie Territorial de la MEL, en juin 2019. D’ici là, ce sera le temps de la co-construction, un temps auquel je vous invite tous."