Conseils métropolitains des 12 et 13 décembre : le récap’ !
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Sauf changement de programme, ces deux conseils étaient les derniers du mandat 2014-2020 : l’ultime occasion pour l’assemblée
métropolitaine d’adopter des délibérations stratégiques et pour le groupe de faire entendre sa voix singulière.

Le Conseil métropolitain du 12 décembre était exclusivement dédié à l’urbanisme, en particulier aux gros dossiers du Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine (NPNRU) et du Plan Local d’Urbanisme 2 (PLU2). Michel Ifri a rappelé l’importance des opérations de rénovation urbaine dans les quartiers prioritaires, souffrant de graves dysfonctionnements urbains, tout en soulignant leurs défauts en matière de concertation citoyenne et de reconstitution de l’offre de logement social.

En matière d’urbanisme, l’intérêt général doit primer

Deux documents stratégiques ont été soumis au Conseil métropolitain : le PLU) et le Règlement Local de Publicité intercommunal (RLPi). Tenant compte des améliorations apportées au document en raison des injonctions du Préfet et de l’avis de l’Autorité environnementale, le groupe l’a approuvé, après s’être abstenu lors de son arrêt. Christiane Bouchart a cependant mis en garde contre des futures modifications du PLU2 en faveur de projets climaticides. La gestion dynamique du PLU2 devra permettre de faire mieux, pas plus (d’artificialisation des sols, d’étalement urbain, etc.) !

Après avoir réussi à l’amender pour élargir les horaires d’extinction nocturne des enseignes lumineuses (amendements défendus par Lise Daleux), le groupe s’est en revanche abstenu sur le RLPi, dont le manque d’ambition en matière de préservation du cadre de vie des métropolitains a été pointé par le rapport de l’enquête publique. Stéphane Baly a appelé les maires à faire preuve de courage politique et la MEL à impérativement se saisir de la révision prochaine du RLPi, à la faveur de la fusion de la MEL avec la Communauté de communes de la Haute-Deûle, pour aller bien plus loin.

Enfin, Julien Dubois a défendu avec succès des amendements pour que le projet de développement des Bords de Deûle associe mieux les usagers et porte des objectifs ambitieux en matière de mobilités douces et actives, en particulier à travers une réfection de la voie verte de la Basse-Deûle.

Un Plan Climat ambitieux et la persistance de politiques incohérentes

Le Conseil métropolitain du 13 décembre a pour sa part été particulièrement marqué par l’adoption du Plan Climat Air Énergie Territorial, porté par Christiane Bouchart dans le cadre de sa vice-présidence. Une ambition supérieure aux objectifs internationaux actuels, puisque la MEL vise une diminution de ses émissions de gaz à effet de serre de 45% en 2030 et la neutralité carbone en 2050. Pour l’atteindre, c’est l’ensemble des acteurs du territoire que la MEL devra emmener dans son élan.

Pour l’atteindre, la MEL devra aussi recevoir l’aide de l’État. Jérémie Crépel l’a rappelé à l’occasion de l’adoption du budget 2020 : les collectivités sont en première ligne pour mettre en oeuvre la transition écologique et devraient être soutenues financièrement plutôt que contraintes par l’État.

Pour l’atteindre, la MEL devra se montrer beaucoup plus ambitieuse en matière de restriction de la publicité, en particulier de la publicité numérique qui va bientôt s’installer sur les abribus du territoire. Le groupe a déposé un amendement pour modifier le contrat de la Concession de Service Public Transport qui prévoit la recherche par le concessionnaire de nouvelles recettes publicitaires, notamment par la publicité numérique. Lise Daleux a soutenu que cette prescription était incompatible avec la nécessaire sobriété dont nous devons faire preuve en matière de consommation en général, d’énergie en particulier. L’amendement a malheureusement été jugé irrecevable. Elle devra aussi cesser les investissements climaticides, comme le demi-échangeur de Templemars. Julien Dubois a déploré la contradiction totale entre ce projet et la déclinaison du budget climatique qui venait d’être présentée en matière de voirie.

Réinventer des politiques qui s’essoufflent

Malgré le volontarisme affiché de la MEL en matière de logement, l’évaluation du 2e Plan Local de l’Habitat (PLH) qui était soumis au Conseil métropolitain montre les limites de sa politique. Michel Ifri a détaillé plusieurs d’entre elles et a appelé la MEL à changer de culture en matière de logement social. Au cours du prochain mandat, les futur·e·s élu·e·s écologistes s’investiront dans l’élaboration du PLH3 pour privilégier avant tout le logement abordable.

Stéphane Baly a pour sa part plaidé en faveur d’une réinvention de Lille3000, dont le fonctionnement reste trop vertical. Le groupe a voté contre cette délibération actant l’octroi d’une subvention de 3 millions d’euros sur trois ans, bien trop engageante à trois mois d’élections qui renouvelleront l’assemblée métropolitaine.

Enfin, Stéphane Baly a également regretté l’obstination dont fait preuve la Ville de Lille, y compris au sein de l’instance métropolitaine, sur le dossier Saint-Sauveur. Entériner la cession de la friche au futur aménageur alors qu’une décision de justice est attendue sur le fond et dans le contexte électoral constitue à la fois un déni de justice et de démocratie.