Pour des orientations budgétaires visant la transition écologique
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A l’occasion du débat relatif au Rapport d’Orientations Budgétaires, Lise Daleux a souligné l’opportunité que constitue le budget d’une collectivité telle que la Métropole européenne de Lille pour contribuer à la lutte contre les changements climatiques.

« CherEs collègues,

La conjoncture économique dans laquelle nous nous exprimons sur les orientations financières de la collectivité est, il est vrai, plutôt favorable, à tout le moins si l’on se fonde sur les indicateurs économiques classiques : la croissance économique reprend, notre territoire crée plus d’emplois qu’il n’en détruit et, malgré les annonces du gouvernement, la situation financière saine de la MEL devrait lui permettre de ne pas rencontrer de difficultés substantielles.

Toutefois, à nos yeux, ces indicateurs économiques relèvent d’un modèle économique libéral qui doit évoluer : à quoi bon poursuivre sur le chemin de la croissance économique alors que nous sommes déjà en crise écologique et que les problèmes majeurs sont devant nous ? La croissance économique n’est plus la réponse à nos problèmes. Au contraire, elle est le problème. Le système économique qui a fait de la croissance l’alpha et l’oméga du développement et du progrès constituent les principaux moteurs de la catastrophe écologique à laquelle nous faisons face.

Dans un tel contexte, la Métropole européenne de Lille, comme les autres collectivités locales et comme l’ensemble des collectivités humaines, a une responsabilité éminente :

  • La responsabilité d’aider prioritairement des entreprises ayant un projet éthique s’inscrivant dans la transition énergétique et écologique.
  • La responsabilité de cesser tous les titanesques projets économiques et commerciaux qui menacent nos ressources en eau et balafrent nos paysages.
  • La responsabilité de s’engager dans une véritable transition énergétique en imposant une réglementation thermique audacieuse et en se dotant d’un solide outil de tiers-financement de la rénovation thermique, qui pallie la défection régionale.
  • La responsabilité, aussi, de préserver ses terres agricoles, en y soutenant résolument des pratiques écologiques, respectueuses des Hommes, de la biodiversité et de nos ressources naturelles.
  • La responsabilité, enfin, de viser et de se donner encore plus les moyens d’atteindre des objectifs traduisant une mutation de nos façons de nous déplacer par la mobilité collective et décarbonée.

 

Les orientations budgétaires qui fonderont le budget 2018 doivent traduire ces préoccupations. Cela dépend de notre volonté politique. Notre modèle de développement économique coûte cher, en ce qu’il altère nos ressources et nous contraint à employer des solutions coûteuses (le traitement de l’eau par exemple). De surcroît, ce modèle nous rend malades et nous tue.

A travers l’ensemble de ses décisions, à plus forte raison ses politiques stratégiques et ses orientations budgétaires, notre Métropole a le pouvoir d’agir en responsabilité et de s’engager dans la transition écologique pour une métropole résiliente qui lutte, s’adapte et s’engage pour l’avenir. »