Présentation du rapport d’activité développement durable
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Je vous présente le Rapport Annuel du Développement Durable, qui doit être présenté, de par la loi Grenelle II, en amont du vote budgétaire. Pourquoi une telle exigence ? c’est parce que le RADD a un rôle d’outil d’aide à la décision des élus de l’assemblée, afin que nous puissions vérifier la cohérence de nos politiques publiques au regard des enjeux de développement durable et de climat.

A ce titre, vous aurez sans doute remarqué une première évolution pour ce document, qui fait cette année fortement référence à la stratégie du Plan Climat Energie Territorial, sans nécessairement rendre compte des avancées pour chacun de ses axes.

Je déplore d’ailleurs que les conditions n’aient pas été réunies cette année pour réaliser cet exercice conformément à la délibération votée en décembre de l’année dernière, à travers laquelle nous avions acté des améliorations à apporter, aussi bien en terme de suivi, qu’en terme de pilotage technique et politique.

Ces évolutions devraient être plus nettes pour la prochaine édition, et j’en remercie par avance le Directeur Général des Services. Nous produirons ce rapport plus tôt dans l’année, en amont de nos débats d’orientation budgétaire.

Quelques mots, rapidement, sur le contenu de ce document

– Le parti pris de présenter quelques actions emblématiques de l’engagement de la MEL en matière de développement durable et de lutte contre les changements climatiques a été conservé. Ce parti pris devra bien sûr évoluer, puisque nous devrons livrer des indicateurs sur les avancées de certaines grandes politiques publiques, je pense notamment à l’aménagement, aux transports, ou encore au PMDE

– Parmi ces actions figurent donc, la station, l’écoquartier de Mons en Baroeul, le programme Amélioration Durable de l’Habitat, les parcs d’activité du XXIème siècle, le soutien à une agriculture durable. Nous y voyons aussi l’émergence de la politique de santé environnementale, bien qu’à ses tout débuts encore en 2014, les opérations de reconquête de la qualité de l’eau, le boisement, ou encore les bibliothèques…

– Nous serons donc beaucoup plus précis, tout en étant plus pédagogiques, pour l’édition de l’année prochaine. Nous devons à la fois mieux guider nos décisions au regard des enjeux qui se posent à notre Métropole, mais aussi mieux informer le citoyen.

COP21

Car le citoyen sera, incontestablement, de plus en plus vigilants sur notre action et la cohérence de l’action publique. l n’est nul besoin de vous rappeler que l’année 2015 a été fortement marquée par la préparation de la COP21, et très récemment encore, par les Accords de Paris.

Vous avez sûrement noté la divergence des réactions, portées d’une part par les ONG, insatisfaites par les insuffisances de l’Accord, et celles des Etats et de leurs négociateurs, fiers de cet accord contraignant et à vocation universelle. Pour la première fois, nous avons un consensus international, et une défaite des lobbys et en particulier ceux des énergies fossiles.

Nous avons entériné une volonté partagée de limiter le réchauffement à 1,5 degrés, afin de nous préserver de la limite dangereuse d’un réchauffement de 2 degrés.

Nous avons entériné des mécanismes de révision des contributions volontaires qui ne nous placent encore sur une trajectoire, impossible sans obérer notre avenir, de 3 degrés.

Tous les acteurs non étatiques ont été associés, et continueront de l’être, avec un sommet annuel de ces acteurs pour accompagner la mise en place des solutions concrètes et de l’agenda des solutions qui a vu le jour pendant la préparation de la COP21.

Nous avons enfin, tracé un lien indéfectible et fort entre développement et enjeux climatiques, démontrant l’absolue nécessité d’un développement sobre, et surtout l’opportunité sans précédent de la transition énergétique pour les économies des pays développés, et donc celle de notre territoire.

La MEL a apporté sa pierre aux négociations, modestement certes, mais était présente à Paris comme se devait de l’être une Métropole de notre envergure. Car c’est une réalité que j’ai pu constater lors de ces moments d’échanges entre collectivités territoriales en préalable de la COP, et à la COP elle-même : toutes les métropoles françaises, et européennes, de taille équivalente ou d’ambition équivalente à la nôtre ont une action très structurée en la matière. Leur engagement, réel, se double d’une stratégie de marketing territorial qui contribue indéniablement à leur rayonnement sur la scène internationale.

Au lendemain de la COP21, de l’accord des 195 Etats et de l’intense lobbying des citoyens pour parvenir à cet accord, c’est une exigence forte qu’il nous faut impérativement entendre.

Nous devons poursuivre, renforcer, être plus exigeants encore pour que l’innovation territoriale en matière de lutte contre les changements climatiques soit un facteur directement associé à notre territoire. Les ingrédients sont réunis, avec de nombreuses politiques publiques capables de témoigner de leur prise en compte de l’enjeu du climat : pour preuve, l’état des lieux des pratiques dressé par 10 de nos Vice-Présidents au premier forum partenarial du Plan Climat de ce mandat, le 12 novembre dernier.

Côté citoyens, les actions menées en 2015 contribuent à leur mobilisation :

 le lancement le 1er décembre du premier des trois défis citoyens, les Familles à Energie Positive, permet de réunir d’ores et déjà 450 familles impliquées dans des changements de comportement plus sobres, plus économes. Les deux autres défis sur la mobilité et le zéro déchets sont en cours de structuration ; nous pouvons espérer, sur les trois ans que durera le dispositif, plusieurs milliers de familles participantes, et donc activement impliquées et actrices du changement.

 8 films sur le Plan Climat ont été tournés et diffusés à heure de grande écoute sur la chaîne Grand Lille TV, chaque jour pendant huit semaines en amont de la COP21.

2016 et perspectives

L’enjeu est que notre collectivité puisse, en fin d’année prochaine, présenter sa stratégie pour la reconquête de la qualité de l’air, en intégrant cette reconquête dans un ensemble plus large de facteurs à prendre en compte en matière de santé environnementale.

Nous devons aussi faire partie des premières collectivités à développer un véritable volet adaptation aux changements climatiques, dans le but de l’adosser à notre Plan Climat bien sûr, mais aussi à notre SCoT. Pour un territoire aussi urbanisé que le nôtre, et par conséquent aussi exposé – M. Daubresse le rappelle volontiers quand il s’agit du risque inondation et des champs captants – à ces risques susceptibles d’entraver, voire même de stopper un temps, les activités humaines, et donc par conséquent les activités économiques, sur notre territoire.

Nous avons déjà dans nos bagages plusieurs opérations de grandes renommées : nos écoquartiers labellisés, nos bus au biogaz, Ovilléo. Nous avons aussi notre PDU, très ambitieux, mais pour lequel nous devons maintenir les efforts si nous voulons atteindre nos objectifs.

Désormais nous avons aussi notre Bureau des Temps, et il nous reste à transformer l’essai des Parcs d’Activité du XXIème siècle. Avec la délibération sur les changements de comportement votée au conseil dernier, ces changements s’opèreront progressivement dans une part toujours plus importante de la population – je rappelle à ce propos que ce sont 450 familles qui se sont inscrites au Défi Familles à Energie Positive, un chiffre qui fait de notre territoire celui où le plus grand nombre de familles participe simultanément au défi.

En conséquence, je suis assez confiante dans la capacité de la MEL à rayonner nationalement, voire internationalement, d’ici une à deux années, pour ses savoir faire et son ambition en matière de lutte contre les changements climatiques. Ce sera assurément un point très positif pour notre attractivité, tant pour nos futurs et actuels habitants, que pour les acteurs privés qui y verront un territoire tournée vers l’avenir et sûr.