Agir sur la production des énergies fossiles est indispensable
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Merci d’avoir pris connaissance de ce vœu à l’initiative des élus écologistes et travaillé au sein de la majorité. Un vœu similaire a récemment été adopté entre autres à Paris, Dijon, Bordeaux, dans les communes associées ce mardi à Hellemmes et hier à Lomme.

L’état d’urgence écologique est bien présent, et nous ne pouvons pas manquer l’occasion de la COP21 pour marquer l’engagement à agir sur les enjeux du changement climatique.

Nous n’avons que deux options, toutes deux nécessaires pour tenir nos engagements : d’une part diminuer nos consommations énergétiques, d’autre part développer les énergies renouvelables. Pour ce faire, une action déterminée sur la production des énergies fossiles s’avère indispensable. C’est ce que traduit ce vœu pour le « désinvestissement du secteur des énergies fossiles et le réinvestissement en faveur de la transition énergétique ».

Limiter le changement climatique à 2°C d’ici la fin du siècle, objectif principal de la COP21, sous-entend que 80% des réserves connues de pétrole, charbon et gaz devront rester dans le sous-sol. Dans ce contexte, les États et les collectivités ne peuvent plus prétendre baisser les émissions de gaz à effet de serre en se bornant à contraindre leur consommation d’énergies fossiles. Elles doivent agir pour limiter leur production, et non pas l’encourager via des subventions massives : aujourd’hui pour 1€ investi dans les énergies renouvelables, 4€ le sont dans les énergies fossiles, dont une partie résulte des subventions publiques.

Les premières « Journées Mondiales de Désinvestissement dans l’industrie fossile » en février dernier ont été un succès incontestable, avec près de 450 événements organisés dans 60 pays. Parallèlement à cette mobilisation des acteurs de la société civile, des dizaines de villes dans le monde ont déjà pris des résolutions de désinvestissement.
Cette campagne connaît une vraie dynamique dans laquelle la ville de Lille doit prendre toute sa place, à la veille de l’ouverture de la COP21.

C’est pourquoi, afin de s’engager entièrement dans le désinvestissement des fonds liés aux énergies fossiles, le conseil municipal de Lille demande à ses partenaires – organismes de retraite, banques, opérateurs financiers, compagnies d’assurance, énergéticiens de retirer leurs actifs du secteur des énergies fossiles et de s’engager dans des investissements de la transition énergétique.

Le réinvestissement dans la transition énergétique, en cette période de fortes contraintes budgétaires, permet de soutenir en priorité des projets de production d’énergie renouvelable, de rénovation des bâtiments, d’alimentation ou de transports, créateurs d’emploi local.

Ce vœu n’a pas de conséquences financières immédiates, mais il fixe des échéances, fin 2016 et fin 2017, pour entamer un dialogue avec nos différentes partenaires et les inciter à se doter d’outils de transparence écologique et financières sur ces questions, afin de les amener à faire remplacer, dans leurs portefeuilles d’actifs, les projets les plus polluants, qui sont souvent les plus anciens, par des projets plus novateurs et plus vertueux du point de vue de leur empreinte-carbone.

Il ne s’agit bien évidemment pas d’aller vers des emprunts plus risqués, surtout quand on parle de la retraite de nos agents : réinvestir dans la transition, cela peut être dans des projets solides et sûrs, comme le permet le livret de la troisième révolution industrielle initié par le Conseil Régional et la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie.

A la veille de l’ouverture de la COP21, chers collègues, ce soir avec ce vœu, la ville de Lille a rendez-vous avec l’humanité !