Energies : l’investissement, une condition sine qua non pour maîtriser les futures dépenses
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Chers collègues, mesdames et messieurs,

Je vais vous exposer les chiffres clefs du bilan énergie 2015 sur la maîtrise des consommations, sur notre facture et sur le chemin restant à parcourir d’ici 2020.

Au-delà des chiffres, le périmètre du bilan énergie 2015 présenté sera une première. Jusqu’à présent nous présentions uniquement le bilan pour la ville de Lille. Cette année le bilan énergie porte sur Lille, Lomme et Hellemmes. Cette première étape nous invite à aller plus loin en  travaillant à la mutualisation du service énergie entre entre Lille, Lomme et Hellemmes. Une contribution aux actions de mutualisation évoquée en début de conseil.

Pour rappel en 2009, la ville de Lille a signé le pacte des maires pour le climat avec des engagements pour 2020, en affichant l’objectif de :

  • diminuer de 20% nos consommations énergétique d’ici 2020.
  • réduire de 20% nos émissions de CO2.
  • de couvrir 20% de nos consommations par des énergies renouvelables

Premier résultat de notre bilan. la consommation énergétique liée au fonctionnement de notre municipalité.

La consommation totale d’énergie c’est à dire pour le chauffage, l’électricité, l’éclairage public et les véhicules s’élève à 196 659 MWh. Chiffre abscons ! Cela équivaut à l’énergie consommée par environ 12 000 logements, soit la consommation d’un de nos quartiers. La baisse annuelle moyenne depuis 2004 est de 1,5 %.

Le chauffage des bâtiments représente près de la moitié du total des consommations énergétiques de la Ville. Les efforts réalisés sur notre patrimoine ont permis de réduire la consommation unitaire annuelle de chauffage des bâtiments municipaux de 18 % entre 2004 et 2015. Afin d’avoir une vision de long terme, la construction d’une stratégie patrimoniale de rénovation énergétique du patrimoine municipal est en cours. J’aurais l’occasion lors d’un prochain conseil de revenir sur ce sujet.

Ceci étant, l’amélioration des performances énergétiques du patrimoine durant la dernière décennie compense à peine l’accroissement du patrimoine. Je réitère donc la proposition d’une réflexion stratégique globale par un schéma directeur immobilier alliant optimisation de notre patrimoine et services rendus aux Lillois.

Si les besoins de chauffage sont tendanciellement en baisse, la consommation électrique dans les bâtiments – elle – augmente chaque année, avec pour la première fois cette année une consommation totale d’électricité supérieure au chauffage. L’électricité étant nettement plus onéreuse que la chaleur, cette tendance se traduit budgétairement. Combien de chauffage électrique d’appoint dans nos locaux, d’ordinateurs non éteints… la technologie ne peut pas tout, la sensibilisation des usagers des locaux doit devenir une priorité et l’expérience nous montre que les potentiels d’économies sont importants.

En 2015 a été mis en place pour 14 bâtiments de la ville un dispositif de correspondants énergie : chaque bâtiment est animé par un binôme constitué d’un référent sur la« maîtrise des consommations » et d’un référent du site. Ils affichent les consommations, mènent des actions techniques ponctuelles et promeuvent des éco-gestes. Bilan : ce dispositif a fait économiser à la ville près de 100 000 €. Le montant des économies réalisées dépasse largement les moyens humains mobilisés pour cette opération. La maitrise des usages de l’énergie par des moyens humains à Lille, c’est bon pour l’emploi local et non délocalisable et évidemment bon pour le climat !

Je remercie l’ensemble des agents municipaux ayant participé à ce dispositif et on peut dors et déjà annoncer que le dispositif sera étendu à quarante bâtiments dès la prochaine saison de chauffe.

En matière de reconnaissance, l’an dernier je vous annonçais que la ville était lauréate de l’appel à projet « territoire à énergie pour la croissance verte » lancée par le ministère de l’écologie. Outre la reconnaissance de notre territoire comme moteur de la transition énergétique, cette reconnaissance ministérielle amène un financement de 200 000 € qui représentera la moitié du montant des travaux des rénovations énergétiques de la serre équatoriale du zoo et de la crèche Marie Curie. L’investissement est une condition sine qua non pour maîtriser les futures dépenses énergétiques. Deux illustrations :

  • Premièrement : L’éclairage public rue Gambetta a été revu avec une qualité d’éclairage incomparable et amenant à une économies d’énergie de 55 %.

Parenthèse, le foot on apprécie ou pas, durant la période de l’euro, le vélum lumineux s’affiche la veille et le soir du match aux couleurs des drapeaux des équipes qui jouent au stade Pierre Mauroy. Demain et dimanche soir, la rue Gambetta sera aux couleurs de la France et de la Suisse.

  • Seconde illustration : la rénovation de l’éclairage des salles des sports, comme par exemple les salles Louison Bobet ou Montebello avec des économies générées de 50 % et un temps de retour sur investissement estimés à 6 ans.

Renforcer l’efficacité énergétique, c’est évidemment bon d’un point de vue environnemental et énergétique mais c’est aussi excellent pour le budget municipal.

Depuis 2004, le cumul des économies liées aux efforts de baisse des consommations s’élève à près de 14 millions d’euros. Un montant représentant une année de facture économisée ! Chers collègues, vous l’entendrez donc pour une seconde fois ce soir : notre facture énergétique n’est ni une fatalité, ni incompressible.

En 2015, la facture énergétique municipale s’est élevée à 16,7 millions d’€ pour de l’achat de gaz, de charbon, de pétrole et d’uranium…C’est 16,7 millions d’€ qui quittent  annuellement notre territoire et ne sont donc pas mobilisables pour nos politiques publiques. Quitter les fossiles et fissiles et réinvestir en faveur de la transition énergétique, c’est l’essence du vœu voté par ce conseil en novembre dernier.

Les baisses des émissions de gaz à effet de serre sont corrélées pour la plupart avec la baisse des consommations d’énergie. Conséquence pour le second engagement : la trajectoire actuelle de réduction est globalement conforme à l’objectif pour 2020.

Troisième et dernier engagement : couvrir 20 % de nos besoins par des énergies renouvelables.

Depuis le 1er octobre 2013, la Ville de Lille consomme une électricité d’origine 100% renouvelable pour son parc d’éclairage public. Le 27 novembre dernier, dans le cadre de la disparition des Tarifs Réglementés de Vente de l’électricité, la Ville a pris la décision d’accélérer son engagement en achetant, à compter du 1er janvier 2016 et ceci pour les 3 prochaines années, l’ensemble de son électricité issue d’une production d’origine renouvelable pour l’ensemble des bâtiments municipaux.

La provenance renouvelable de cette électricité est prouvée par des certificats « Garantie d’Origine » hydraulique. Cette électricité est issue des installations déjà existantes dans les Pyrénées. La Ville a également souhaité soutenir la production locale et décentralisée.

Dans ce cadre, Enercoop, fournisseur d’électricité verte et structure coopérative, a été retenu pour la fourniture d’électricité pour quinze bâtiments recevant du public : médiathèques, écoles, centres sportifs et culturels. Au-delà d’un approvisionnement direct et exclusif auprès de producteurs d’énergies renouvelables, Enercoop accompagne la ville à la maîtrise des consommations en mettant en place des actions de sensibilisation des usagers des bâtiments publics concernés.

En ce qui concerne la production d’énergie sur le territoire Lillois, celle-ci reste encore trop confidentielle mais en progression. Pour exemple, la centrale solaire photovoltaïque installés dont la toiture de la Halle de Glisse mis en service en décembre 2014 correspond à la consommation annuelle d’électricité du Palais des sports Saint Sauveur.

Précédemment j’évoquais la sensibilisation à l’énergie des usagers des bâtiments municipaux. En termes de sensibilisation, le défi Familles à énergie positive, étendu à la métropole, pour sa seconde édition a rassemblé plus d’une centaine de familles Lilloise. A la rentrée, Lille accueillera 16 jeunes en service civique pour le dispositif Civigaz. Il s’agit d’une opération initiée par la collaboration entre GRDF et la Fondation FACE en vue d’accompagner le développement d’actions pour lutter contre la précarité énergétique et renforcer la sécurité domestique dans les logements. L’énergie est aussi une urgence sociale : un foyer sur quatre de notre ville est en situation de précarité énergétique !

Dernier volet de mon intervention. Si actuellement nous veillons à remplir nos engagements pris en 2009, nous devons dès maintenant construire notre feuille de route permettant de répondre aux engagements pris par l’Europe lors de la COP21 pour 2030.

Cet engagement pourra se traduire par la signature de la nouvelle convention des maires intégrée pour le climat et l’énergie et ainsi inscrire Lille dans la communauté des collectivités locales prêtes à relever le défi climatique.

Pour conclure, je salue l’engagement de mes collègues élus sur la question des économies d’énergie, qui touchent de nombreuses délégations et je reste à leur disposition pour élaborer ensemble une politique énergétique municipale exemplaire.

Je vous remercie.