Pour un contrat de ville de transition écologique !
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Intervention de Jérémie Crépel

La Politique de la ville dans laquelle s’inscrit le contrat de ville permet de débloquer des fonds spécifiques en faveur de quartiers et surtout de populations qui en ont bien besoin. Elle correspond au principe de l’universalisme proportionné qui consiste à donner plus à ceux qui ont moins. En effet – contrairement à ce que prétend notre président sur les retraites – l’égalité de traitement n’est pas l’équité, quand on connaît les inégalités sociales qui sévissent dans notre pays et également dans notre ville. Notre groupe salue donc le travail réalisé dans le cadre du Contrat de ville, et soutient cette délibération.

A la lecture de la délibération et de ses annexes, quelques pistes d’amélioration du Contrat de ville, qui est un document métropolitain, nous semblent cependant poindre pour relever encore davantage notre ambition en matière de développement humain, de vivre-ensemble et de transition écologique au bénéfice des habitants de ces quartiers.

Rappelons que notre premier devoir vis à vis des quartiers en politiques de la ville, c’est de combattre les inégalités en termes d’accès aux droits humains. En cela, les actions d’éducation et de formation, d’accès à la santé, aux logements et à l’emploi pourraient se voir renforcées. Dans un souci de lutte contre les inégalités femmes-hommes, il serait intéressant d’évaluer l’ensemble des actions au regard du genre des bénéficiaires. Les sociologues ont montré que nos politiques de la ville avaient parfois tendance à investir davantage pour les garçons que pour les filles.

Le Conseil citoyen lillois remarque que la majorité des projets soutenus dans le cadre du Contrat de ville émanent, je cite, « de grosses structures avec un budget important », « seuls 3 projets [ayant] un budget compris entre 5 000 et 10 000 € ». Le rétablissement d’un équilibre en faveur des petites associations pourrait être un objectif à poursuivre.

Comme le Conseil citoyen lillois, nous saluons la priorisation dont bénéficie désormais ce qui est appelé le « développement durable ». Comme le Conseil citoyen, il nous paraît insuffisant de parier sur les seules éducation et sensibilisation des citoyens, par exemple pour améliorer la qualité de l’air dans notre ville. Nous faisons nôtre sa remarque [je cite] : « Est-ce que la sensibilisation des citoyens suffira à diminuer la pollution de l’air sans augmentation significative des surfaces d’espace vert et un meilleur accès aux transports en commun et aux mobilités douces ? Ou est-ce que le financement de projets de lutte contre le gaspillage n’est pas en contradiction avec l’implantation d’un centre commercial à proximité du quartier concerné ? »

Faisons en sorte que la transition écologique sous-tende l’ensemble des actions subventionnées dans le cadre du contrat de ville pour qu’elle soit vraiment effective. Connectons le développement économique et les préoccupations climatiques et environnementales en soutenant des initiatives en matière d’économie circulaire ou d’économie de la fonctionnalité, ou encore des projets contribuant à renforcer les liens sociaux. De cette manière, nous pourrons enfin prétendre ne plus faire les choses comme avant, c’est-à-dire ne plus faire de l’écologie un thème parmi tant d’autres, alors qu’elle devrait être transversale.