Transformations de l’espace public : quand on veut, on peut !
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Intervention de Jérémie Crépel

Les délibérations présentées par notre collègue Jacques Richir ont trait à l’occupation du domaine public. Si elles portent sur des sujets bien particuliers, par exemple l’exonération des droits d’occupation du domaine public, notamment pour les terrasses, elles posent la question plus large de ce à quoi nous voulons consacrer l’espace public. De quel espace public voulons-nous ? Pour quels usages ?

Il n’y a pas de réponse évidente à ces questions. Pas de fatalité à la place que prend la voiture, pour stationner ou circuler, sur l’espace public. Un espace public qui, pour les écologistes, devrait appartenir à tout le monde, favoriser la convivialité et la tranquillité et être partagé en conséquence.

En effet, nos bars, nos restaurateurs, n’ont pas seulement besoin de faire baisser leurs charges dans cette période difficile, mais surtout de pouvoir satisfaire leurs clientes et clients, en cette période estivale, en leur proposant suffisamment de places en terrasses, dans le respect des règles de distanciation physique. C’est aussi un enjeu pour les Lilloises et Lillois qui ont besoin de prendre l’air après ces deux mois de confinement. Pour cela, il faut accepter de reprendre de la place aux voitures pour en rendre aux autres usages. Des villes ont déjà su mettre en place des dispositifs pour transformer des places de stationnement en terrasses, provisoires ou non.

En la matière, nous pouvons tirer au moins une leçon de cette crise : quand on veut, on peut. En témoigne la création de plusieurs kilomètres de pistes cyclables provisoires. C’est la MEL qui y a procédé, puisque cela relève de sa compétence, mais c’est bien parce qu’une volonté politique s’est enfin exprimée pour avancer sur ce dossier de la cyclabilité de notre ville. Reste à sécuriser davantage ces aménagements et à les étendre. Anne Mikolajczak a fait des propositions en ce sens qu’elle a adressées à Jacques Richir le 20 mai et qui sont restées sans réponse. C’est dommage. Tout seul on va plus vite. Ensemble on va plus loin.

L’exemple de la piétonnisation de la Grand-place et des rues du cœur de ville est encore plus révélateur. Alors que l’on nous disait depuis 15 ans que la piétonnisation nuirait au commerce, elle est désormais présentée comme une mesure de soutien aux commerçants. Certes, le nécessaire respect de la distanciation physique est un fait nouveau. N’est pas nouveau en revanche le fait que la préservation de la santé des Lillois.e.s passe aussi par la lutte contre les nuisances liées à un trafic automobile encore trop dense dans notre ville. Osons rendre permanente cette piétonnisation, qui concourt à animer joyeusement notre ville.