Un budget genré, étape importante pour l’égalité entre les femmes et les hommes
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Intervention d’Anne Mikolajczak

Le nombre de bénéficiaires de l’aide à la prise de la licence sportive en club a été multiplié par 4 depuis sa mise en œuvre en 2015. Cette nette augmentation est une très bonne nouvelle, d’autant que cette aide profite majoritairement aux personnes qui en ont le plus besoin.

L’analyse des caractéristiques de ces bénéficiaires est riche d’enseignements et permet d’identifier les marges d’amélioration en matière d’accès à l’activité physique licenciée. L’un des chiffres le plus important à mes yeux, et vous comprendrez pourquoi, est celui de la part de femmes parmi les bénéficiaires. Cette part est de 37 %. Soit un gros tiers des bénéficiaires.

C’est encore trop peu, surtout quand on sait l’importance de l’activité physique pour l’épanouissement personnel, pour l’entretien de sa santé, pour s’aérer l’esprit, mais aussi pour s’amuser, renouer avec notre corps ou améliorer la confiance en soi.

C’est encore trop peu lorsque l’on sait à quel point le rapport au corps joue un rôle dans la construction et la reproduction des stéréotypes de genre contre lesquels je lutte dans le cadre de ma délégation aux droits des femmes.

Ces chiffres témoignent du chemin qu’il nous reste à parcourir pour que la pratique d’une activité physique ne dépende plus de notre genre et des assignations qui lui sont associées. La mise en place d’un budget genré permettant de mesurer l’égalité femmes-hommes dans toute l’action de la ville, y compris en matière d’accès à l’activité physique, permettrait à la fois d’établir un diagnostic clair des bénéfices de nos politiques publiques en matière d’égalité femmes-hommes, de fixer des objectifs précis en la matière et, surtout, de les atteindre.